Réaction de MEC au budget fédéral de 2026

MÉC accueille favorablement l’investissement de 587 millions de dollars sur cinq ans prévu dans le budget de 2026 pour l’installation de plus de 55 000 bornes de recharge pour véhicules électriques dans les lieux publics et les immeubles résidentiels à logements multiples. La priorité est maintenant de transformer cet engagement en un réseau de recharge fiable et accessible pour les Canadiens partout au pays.

Budget fédéral 2026 : les investissements dans la recharge doivent produire des résultats pour la population Canadienne 

MÉC accueille favorablement l’investissement de 587 millions de dollars sur cinq ans prévu dans le budget de 2026 pour l’installation de plus de 55 000 bornes de recharge pour véhicules électriques dans les lieux publics et les immeubles résidentiels à logements multiples. Le renouvellement du financement du Programme d’infrastructure pour les véhicules à émission zéro (PIVEZ) d’Environnement et Changement climatique Canada constitue une étape importante pour accroître l’accès à la recharge, attirer des capitaux privés et, surtout, assurer une plus grande prévisibilité des programmes. La priorité est maintenant de transformer cet engagement en un réseau de recharge fiable et accessible pour les Canadiens partout au pays 

Au-delà du soutien à l’adoption des véhicules électriques, l’infrastructure de recharge constitue un investissement dans l’économie canadienne et un moteur de création d’emplois locaux. La construction et l’entretien d’un réseau fiable soutiennent l’emploi dans les métiers de l’électricité, la construction, la fabrication d’équipements de recharge, les logiciels et les services énergétiques. Un soutien fédéral ciblé peut également stimuler les investissements privés et créer des possibilités d’emploi dans les collectivités où le marché, à lui seul, est peu susceptible de fournir les infrastructures de recharge dont les Canadiens ont besoin. 

Pour concrétiser ces retombées, les investissements doivent atteindre les collectivités qui en ont le plus besoin. MÉC exhorte le gouvernement à accorder la priorité aux collectivités mal desservies, rurales, éloignées et autochtones, à la recharge à proximité des commerces locaux, des installations communautaires et des destinations touristiques, ainsi qu’aux systèmes de stockage d’énergie par batterie dans les régions où les contraintes du réseau ou les retards de raccordement empêchent le déploiement des infrastructures. 

L’accès à la recharge à domicile pour les personnes vivant en appartement ou en copropriété est tout aussi essentiel. MÉC a recommandé que les programmes fédéraux de rénovation couvrent jusqu’à 50 % des coûts liés aux mises à niveau électriques, à l’installation des équipements, aux systèmes de gestion de la charge et aux bornes de recharge. Un tel soutien rendrait la mobilité électrique accessible à un plus grand nombre de ménages, plutôt qu’uniquement à ceux qui disposent d’une entrée de cour privée. 

Parallèlement à ces investissements dans la recharge, le budget de 2026 propose un financement de 2,2 millions de dollars sur cinq ans, à compter de 2027-2028, afin de renouveler le Programme de verdissement du parc automobile du gouvernement. Ce programme réalise des évaluations de l’état de préparation afin d’aider le parc de véhicules du gouvernement fédéral à effectuer sa transition vers les véhicules zéro émission. 

MÉC accueille également favorablement l’octroi de 45 millions de dollars sur cinq ans, à compter de 2027-2028, pour la recherche et le développement en matière d’infrastructures de recharge par l’entremise de Ressources naturelles Canada. 

En ce qui concerne le déploiement des infrastructures, le budget de 2026 indique que la responsabilité de la Banque de l’infrastructure du Canada sera transférée au ministre des Finances. MÉC suivra avec intérêt les effets de ce changement afin de déterminer s’il permet d’améliorer l’efficacité des opérations. 

Au-delà des infrastructures de recharge, le budget de 2026 s’intéresse également au réseau électrique qui devra répondre à une demande croissante. Il prévoit près de 4 milliards de dollars sur 10 ans, à compter de 2027-2028, afin d’accroître les infrastructures électriques, de soutenir les énergies renouvelables et de faire avancer des projets prioritaires du secteur de l’électricité partout au Canada, notamment grâce à un nouveau financement du Programme des énergies renouvelables intelligentes et de trajectoires d’électrification. 

Afin de soutenir la planification des raccordements au réseau de transport d’électricité, le budget prévoit également 37 millions de dollars en 2027-2028 pour réaliser des analyses coûts-avantages des interconnexions proposées et mener des discussions sur le partage des coûts entre administrations. 

En complément de ces mesures, le budget de 2026 propose un financement de 26,4 millions de dollars sur 10 ans, selon la méthode de caisse, afin de permettre à Ressources naturelles Canada de renforcer ses capacités en matière de données et de modélisation, d’améliorer la planification du réseau et d’orienter les investissements vers les projets offrant les retombées les plus importantes. 

Sur le plan réglementaire, le budget prévoit également 22,9 millions de dollars sur cinq ans pour qu’Environnement et Changement climatique Canada mette à jour le Règlement sur l’électricité propre et élabore, lorsque cela est approprié, des ententes d’équivalence avec les provinces et les territoires. 

Plus largement, le budget de 2026 présente le soutien à la fabrication de batteries pour véhicules électriques, les crédits d’impôt à l’investissement dans l’économie propre et le Fonds pour le transport en commun du Canada comme des moteurs de l’investissement en capital prévu. La mise en œuvre de ces mesures, parallèlement à l’élargissement de l’accès à la recharge, sera importante pour accélérer la transition vers la mobilité électrique au Canada. 

Cependant, les investissements dans les infrastructures doivent s’accompagner de politiques robustes et prévisibles. MÉC est déçue par l’annonce du gouvernement fédéral du 21 octobre selon laquelle la norme sur les émissions de gaz à effet de serre des véhicules légers demeurera inchangée aux niveaux de 2026 jusqu’à l’année modèle 2029, et ne recommencera à se resserrer annuellement qu’en 2030. Le report du renforcement de la norme risque d’affaiblir le signal de marché nécessaire pour soutenir l’adoption des véhicules électriques ainsi que les investissements dans les chaînes d’approvisionnement des véhicules, de la recharge, de l’électricité et des batteries. MÉC continue de réclamer une norme canadienne forte et souveraine qui assure des progrès constants et la prévisibilité à long terme dont les investisseurs ont besoin. Le financement des infrastructures et des signaux de marché durables doivent aller de pair pour soutenir l’emploi et la compétitivité du Canada. 

D’autres lacunes demeurent. Le budget de 2026 ne fait aucune mention de l’Initiative de sensibilisation aux véhicules zéro émission et ne fournit aucune mise à jour concernant le secteur des véhicules moyens et lourds (VML). MÉC attend avec intérêt de nouvelles annonces du gouvernement fédéral au cours des prochains mois. 

Malgré ces lacunes, les propres projections du budget de 2026 mettent en évidence l’ampleur de l’occasion à saisir : le graphique 18 ci-dessous classe les véhicules électriques au deuxième rang et les batteries au sixième rang des secteurs affichant la croissance prévue la plus forte. Le gouvernement doit maintenant faire correspondre ce potentiel à un soutien soutenu envers les secteurs canadiens de la mobilité électrique et des batteries. 

En définitive, l’investissement prévu dans le budget de 2026 pour les infrastructures de recharge constitue une avancée bienvenue. Son succès se mesurera par l’accès à la recharge qu’il permettra d’offrir, les investissements privés qu’il suscitera et les collectivités qu’il desservira. MÉC se réjouit de poursuivre sa collaboration avec le gouvernement fédéral et l’industrie afin de transformer ces engagements en croissance durable et en retombées économiques concrètes pour les Canadiens.