Bâtir l’épine dorsale de l’économie électrifiée du Canada : commentaire de MÉC sur la future stratégie canadienne en matière d’électricité
mai 14, 2026
Mobilité électrique Canada (MÉC) accueille favorablement le lancement des consultations sur une stratégie nationale en matière d’électricité ainsi que l’engagement du gouvernement fédéral à bâtir un système électrique propre, fiable et abordable.
Mobilité électrique Canada (MÉC) accueille favorablement le lancement des consultations sur une stratégie nationale en matière d’électricité ainsi que l’engagement du gouvernement fédéral à bâtir un système électrique propre, fiable et abordable. Un réseau électrique décarboné et élargi constitue un pilier fondamental de la compétitivité économique du Canada, de sa sécurité énergétique et de ses objectifs climatiques.
La demande d’électricité au Canada devrait doubler d’ici 2050 à mesure que les secteurs de l’industrie, des bâtiments et du transport s’électrifient. Cette transformation représente à la fois un défi d’infrastructure et une opportunité économique générationnelle. Nous comptons collaborer activement avec les gouvernements, les fournisseurs d’électricité et les opérateurs de réseaux afin de contribuer à la mise en œuvre d’une stratégie à la hauteur de son plein potentiel.
L’électrification comme stratégie économique
La production d’électricité propre et l’électrification des transports, dans les segments des véhicules légers ainsi que des véhicules moyens et lourds, constituent des priorités complémentaires qui se renforcent mutuellement. Ensemble, elles forment l’épine dorsale d’une économie électrifiée capable de générer des retombées économiques, environnementales et de santé publique.
L’ampleur du déploiement prévu est considérable. Le gouvernement fédéral a indiqué son intention de doubler la capacité de production d’électricité d’ici 2050, ce qui nécessitera des investissements majeurs dans la production, le transport, la distribution et le stockage. Parallèlement, le secteur de la mobilité électrique au Canada devrait connaître une croissance rapide, passant d’environ 130 000 emplois aujourd’hui à entre 360 000 (scénario faible) et 600 000 emplois (scénario intermédiaire) d’ici 2035. (i)
Cette double transformation soutiendra la création d’emplois partout au pays, notamment dans la production d’électricité, la modernisation du réseau et le déploiement des infrastructures de recharge pour véhicules électriques. Il s’agit d’emplois intrinsèquement locaux, liés à des actifs physiques et à des services ancrés sur le territoire. Ces emplois ne peuvent pas être délocalisés et procureront des retombées économiques durables aux collectivités canadiennes.
Capacité et utilisation du réseau doivent évoluer de concert
L’intégration véhicule-réseau doit être reconnue comme un levier central. À mesure que l’adoption des véhicules électriques s’accélère, ces derniers représenteront à la fois une source de demande d’électricité et une ressource flexible significative. L’intégration véhicule-réseau peut transformer les véhicules électriques en actifs capables de soutenir la stabilité du réseau, de réduire la demande de pointe et de reporter des investissements coûteux dans les infrastructures. (ii)
Il ne s’agit pas d’un potentiel théorique. Des technologies telles que la recharge intelligente, le véhicule-vers-maison et le véhicule-vers-réseau font déjà l’objet de projets pilotes au Canada et peuvent dès aujourd’hui offrir des bénéfices mesurables, notamment en réduisant les coûts du système et en améliorant la résilience lors des périodes de pointe ou des pannes.
Cependant, la concrétisation de ce potentiel nécessitera des interventions politiques ciblées. Le cadre réglementaire et normatif actuel entourant l’intégration véhicule-réseau au Canada demeure fragmenté, ce qui crée des obstacles à l’interopérabilité et au déploiement à grande échelle. Une stratégie nationale en matière d’électricité devrait explicitement s’attaquer à cet enjeu.
Fiabilité et résilience comme principes directeurs
À mesure que l’électrification s’accélère, la fiabilité devient encore plus essentielle. L’électrification des transports, y compris les opérations de parcs commerciaux, dépend d’un système électrique résilient.
Les véhicules électriques peuvent contribuer à cette résilience. Lorsqu’ils sont intégrés de manière efficace, ils peuvent offrir des capacités de stockage distribué, d’alimentation de secours et de gestion de la demande. Cela est particulièrement pertinent pour les infrastructures critiques, les parcs commerciaux et les communautés éloignées ou nordiques, où la fiabilité des systèmes énergétiques est un enjeu central.
La stratégie devrait explicitement prévoir comment tirer parti des actifs liés au transport électrifié dans une approche globale de résilience, plutôt que de les considérer uniquement comme une nouvelle source de demande.
De l’ambition à l’exécution
Nous appuyons la reconnaissance par le gouvernement que l’atteinte de ces objectifs nécessitera une collaboration étroite entre les administrations, les partenaires autochtones, les fournisseurs d’électricité et l’industrie. Le processus de consultation constitue une étape importante à cet égard.
Le Canada dispose d’une occasion unique d’arrimer l’expansion de l’électricité propre à l’électrification des transports afin de stimuler la croissance économique à long terme, de réduire les émissions et d’améliorer la qualité de vie.
Nous sommes impatients de contribuer à l’élaboration d’une stratégie nationale en matière d’électricité qui :
- accélère la décarbonation et l’expansion du réseau;
- favorise le déploiement à grande échelle des véhicules électriques dans tous les segments;
- libère la valeur de l’intégration véhicule-réseau;
- et génère des retombées économiques durables et locales partout au pays.
(i) EY pour MÉC: Électrifier Le Progrès : Perspective Économique Complète de l‘industrie Canadienne des VE, Avril 2025
(ii) DUNSKY : Unlocking Vehicle-Grid Integration in Canada, September 2025