L’abrogation de la NDVE sans qu’elle soit remplacée par une réglementation sur les GES menace des milliers d’emplois
août 17, 2026
MEC estime que bon nombre des arguments avancés pour étayer la décision du gouvernement reposent sur des justifications problématiques.
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
17 AOÛT 2026
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
L’abrogation de la NDVE sans qu’elle soit remplacée par une réglementation sur les GES menace des milliers d’emplois
MONTRÉAL – Mobilité Électrique Canada (MEC) est déçue par la décision prise la semaine dernière par le gouvernement fédéral d’annoncer l’abrogation de sa norme sur la disponibilité des véhicules électriques (NDVE), tout en promettant l’adoption ultérieure d’une réglementation sur les GES. MEC estime que bon nombre des arguments avancés pour étayer la décision du gouvernement reposent sur des justifications problématiques.
Voici quelques exemples tirés directement de l’annonce publiée dans la Gazette du Canada, accompagnés des analyses correspondantes de MEC :
- « Étant donné que les exigences relatives aux véhicules à zéro émission doivent entrer en vigueur à partir de 2026, la suppression de ces exigences dès maintenant apporterait une certitude réglementaire au secteur.
Supprimer la réglementation sans la remplacer dès maintenant par une nouvelle réglementation prévisible ne fait en réalité qu’accroître l’incertitude réglementaire et augmenter le risque d’investissement pour le secteur. Cela ne fait qu’ajouter à toute l’incertitude à laquelle le secteur des véhicules électriques a dû faire face ces dernières années.
- « On estime que l’abrogation de la norme sur la disponibilité des véhicules électriques entraînera une diminution du nombre de véhicules à zéro émission sur le marché, ainsi qu’une baisse des ventes de ces véhicules au Canada par rapport à ce qui était prévu dans le cadre de cette norme. Cela se traduirait par des économies pour les acheteurs de véhicules, qui n’auraient plus à supporter le coût initial plus élevé d’un véhicule zéro émission, ni le coût associé à l’installation d’une borne de recharge à domicile. Ces économies sont estimées à 57,6 milliards de dollars entre 2026 et 2050 ».
L’argument du coût initial plus élevé est de plus en plus dépassé. Partout au Canada, de plus en plus de voitures et de camions électriques sont désormais proposés à des prix compétitifs par rapport aux modèles à essence et hybrides comparables. Par exemple :
Une Chevrolet Bolt EV coûte moins cher à l’achat qu’une Honda HR-V ; Une Tesla Model 3 est vendue à peu près au même prix qu’une Hyundai Sonata, une Toyota Camry hybride ou une Honda Accord à essence ; Le SUV électrique Hyundai Ioniq 9 est proposé à peu près au même prix que le Hyundai Palisade hybride ; La future camionnette électrique Ford Fathom sera au même prix que la camionnette Ford Maverick
- « À l’inverse, ces mêmes consommateurs renonceraient aux économies de carburant et d’entretien du véhicule qui découlent de la possession d’un véhicule électrique. Les économies de carburant non réalisées sont estimées à 53,8 milliards de dollars sur la même période. Ces amendements proposés devraient également entraîner une perte nette
de 326 mégatonnes de réductions d’émissions de gaz à effet de serre, évaluée à 94,2 milliards de dollars en dommages mondiaux potentiels induits par le changement climatique, pour un coût net total de 90,3 milliards de dollars ».
L’analyse du gouvernement lui-même comporte deux réserves importantes qui affaiblissent considérablement cette affirmation :
- « Les économies non réalisées en matière d’entretien des véhicules n’ont pas été chiffrées dans cette analyse.
- Les émissions de polluants atmosphériques ont été quantifiées, mais leurs impacts sur la santé et l’environnement n’ont été ni quantifiés ni chiffrés. »
Il ne s’agit pas là de réserves mineures. Rien qu’en termes d’entretien, les Canadiens économiseraient environ 554 millions de dollars par an en optant pour des véhicules électriques plutôt que pour des véhicules à essence, des économies que le gouvernement n’a pas chiffrées dans son analyse.
Il en va de même pour la pollution atmosphérique. Selon Santé Canada, la pollution atmosphérique liée à la circulation entraîne des coûts socio-économiques annuels de 9,5 milliards de dollars et est à l’origine de 1 200 décès prématurés, des impacts qui ont également été laissés de côté dans le calcul coûts-avantages du gouvernement.
- « Toute réduction du risque de pertes d’emplois dans le secteur automobile canadien doit être prise en compte dans l’évaluation des coûts et des avantages de l’abrogation de la norme sur la disponibilité des véhicules électriques. »
Plus de 130 000 Canadiens travaillent actuellement dans le secteur des véhicules électriques. D’ici 2035, entre 360 000 et 600 000 personnes seront employées dans ce secteur. Or, le document du gouvernement ne mentionne en rien les emplois qui pourraient être menacés tout au long de la chaîne de valeur des véhicules électriques – de la construction, de l’assemblage et du développement de logiciels à l’exploitation minière, en passant par la production et la distribution d’électricité, le déploiement des infrastructures de recharge, la R&D, l’éducation et la formation. Il s’agit là d’une omission grave et préoccupante dans l’analyse du gouvernement.
MEC participera à la consultation afin de veiller à ce que ces lacunes importantes dans l’analyse soient consignées et pleinement prises en compte.
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CONTACT MÉDIA : Anna Schuett, directrice des communications |anna.schuett@emc-mec.ca | (514) 787-2757
Mobilité électrique Canada (MEC) est la voix unifiante et faisant autorité pour la transition vers la mobilité électrique à travers le Canada. Fondée en 2006, MEC est l’association nationale de l’industrie qui permet d’accélérer la transition vers une mobilité électrique durable par le biais de la sensibilisation, de la collaboration, de l’éducation et du leadership éclairé, avec pour objectif ultime de créer un avenir plus propre, plus sain et plus prospère pour tous les Canadiens.