Le gouvernement du Québec doit-il continuer de subventionner l’achat de VE?

Le gouvernement du Québec doit-il continuer de subventionner l’achat de véhicules électriques?
Oui, réplique Mobilité Électrique Canada

Réponse aux essais de Bertrand Shepper et Germain Belzile du 19 mars 2018.

Lire notre réponse directement sur le site de LaPresse.

C’est le bon moment d’investir
La plupart des pays se sont fixés des objectifs ambitieux afin de réduire les émissions de GES. Comment y arriver? Il faut bien sûr réduire notre dépendance au pétrole et travailler sur plusieurs plans. Pour le secteur des transports, ce sera en offrant de meilleurs services de façon intégrée : ajout de transport en commun propre, transport actif (vélo, marche), autopartage. Et l’électrification des transports fait partie intégrante de la solution.

On questionne beaucoup l’efficacité et le niveau des subventions actuellement offertes pour accélérer l’arrivée des véhicules électriques (VE). Plusieurs pays sont résolument engagés et continuent d’offrir des subventions, comme les États-Unis qui en offrent une au palier fédéral s’additionnant à celle offerte dans plusieurs états, de même que les subventions offertes par la France, la Norvège, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. De plus, certains pays appliquent des taxes additionnelles aux voitures produisant beaucoup de GES pour accentuer les avantages des VE, donnant ainsi des résultats probants. En 2017, le gouvernement de l’Ontario a augmenté à 14 000 $ la subvention à l’achat d’un VE et comme résultat, il s’y est vendu plus de véhicules électriques qu’au Québec l’an dernier. S’ajoutent aux subventions une infrastructure de recharge publique grandissante, un atout indéniable à poursuivre pour rassurer les conducteurs de VE.

L’industrie du pétrole et du gaz naturel (propriété d’intérêts en grande majorité étrangers) bénéficie annuellement d’avantages fiscaux et de subventions qui dépassent les 3 milliards de dollars annuellement[1], ce dont on parle rarement. Par ailleurs, les marchés en émergence, les changements d’habitudes de consommation et le lancement de nouveaux produits écoresponsables, peu importe le secteur, nécessitent un soutien financier gouvernemental, pour une période déterminée, afin de créer un volume suffisant pour faire baisser les prix. L’industrie solaire, l’efficacité énergétique et l’industrie éolienne en sont des exemples. Ainsi, les subventions sont une nécessité pour accroître le rythme d’adoption des VE.

Le virage électrique est indéniablement amorcé. Avec l’accroissement de l’autonomie des véhicules, tous les manufacturiers investissent massivement pour ajouter plusieurs modèles tout électriques, incluant des véhicules utilitaires sport. L’offre de VE est de plus en plus variée, et s’accroit pour maintenant rejoindre tous les segments de marché. La période de transition qui s’offre à nous est à saisir. C’est le bon moment pour les gouvernements d’investir, partout au pays.

Si on ajoute des mesures de communication de masse pour faire connaître tous les attributs des VE, on aura en main tous les atouts pour passer à un véritable marché de masse, et en finir avec les subventions. Il faut « se brancher » sur cette technologie de pointe, super efficace et de plus en plus abordable, et le faire le plus tôt possible pour se libérer des énergies fossiles, et de leurs dommages sur la santé et l’environnement.

Fondée en 2005, Mobilité électrique Canada est une association nationale à but non lucratif vouée exclusivement à la promotion de la mobilité électrique comme solution durable à la réalisation des objectifs énergétiques et environnementaux croissants du Canada.  Elle compte plus de 150 membres, représentant toute la chaîne de valeur de l’électrification des transports.

Chantal Guimont
Présidente-directrice générale
Mobilité électrique canada
www.emc-mec.ca

[1]  Source : http://www.iisd.org/gsi/faqs/canada