Des experts en véhicules électriques publient de nouvelles recommandations pour remédier à leur pénurie au Canada

OTTAWA – Avec la flambée du prix de l’essence, de plus en plus de Canadiens cherchent à éviter la station-service en optant pour un véhicule électrique. Mais il est difficile de trouver un véhicule à se procurer.

Plus tôt cette année, le gouvernement fédéral s’est engagé à introduire une norme Zéro Émission – une mesure exigeant des constructeurs automobiles qu’ils vendent une proportion croissante de véhicules électriques au pays – afin de résoudre ce problème. Le calendrier et les détails de cette politique n’ont pas encore été révélés.

Un nouveau livre blanc de Clean Energy Canada et de Mobilité Électrique Canada, publié aujourd’hui, présente des recommandations sur la façon dont le Canada peut concevoir une norme véhicules zéro émission (VZE) vraiment efficace et régler une fois pour toutes le problème de l’offre de VE au Canada.

À l’heure actuelle, la forte demande de VE est freinée par des problèmes d’approvisionnement, et de nombreux conducteurs potentiels sont sur des listes d’attente allant de plusieurs mois à 3 ans. Les constructeurs automobiles envoient leurs stocks limités de VE dans les territoires et pays où l’offre est déjà réglementée, comme la Colombie-Britannique, le Québec et la Californie, ce qui laisse moins de place au reste du pays.

Comme le soulignent les recommandations, une norme bien conçue est primordiale pour équilibrer l’offre et faire en sorte que les constructeurs automobiles donnent la priorité à l’ensemble du Canada lorsqu’ils décident où envoyer leurs voitures électriques.

Cette politique est également essentielle à la réalisation des ambitions climatiques du Canada. Le transport est la deuxième plus grande source d’émissions au pays, et le récent Plan de réduction des émissions du Canada dépend d’une norme VZE afin d’atteindre l’objectif climatique du Canada pour 2030.

« Une norme VZE est le moyen le plus efficace de réduire les émissions de GES et de faire en sorte que le Canada atteigne ses objectifs de vente de VZE. L’augmentation de l’accès aux VZE protège également les Canadiens contre la hausse des prix des combustibles fossiles tout en soutenant notre industrie florissante de fabrication de VE et de batteries », a déclaré Joanna Kyriazis, gestionnaire du transport propre à Clean Energy Canada.

« Alors que le gouvernement fédéral et les provinces comme l’Ontario investissent des milliards de dollars pour développer une industrie canadienne des VZE, nous devons nous assurer que tous les Canadiens aient accès à des VZE de fabrication canadienne “. En 2011, les gouvernements fédéral et ontarien ont investi plus de 70 millions de dollars pour aider Toyota à construire le RAV4 EV, mais en raison de l’absence de norme VZE, 100 % de ces véhicules ont été envoyés aux États-Unis, empêchant les Canadiens qui ont contribué à payer leur assemblage d’y avoir accès. De plus, une norme VZE fournira une prévisibilité de marché à l’industrie et aidera à attirer plus d’entreprises au Canada », a déclaré Daniel Breton, PDG et président de Mobilité Électrique Canada.

PRINCIPALES RECOMMANDATIONS

– Les exigences en matière de ventes de VZE doivent commencer en 2024 pour que les constructeurs automobiles passent immédiatement à l’action et augmentent chaque année en route vers l’objectif canadien de 100 % de ventes de VZE d’ici 2035, à l’instar des objectifs de la Colombie-Britannique, du Québec et de la Californie.

– Les constructeurs automobiles devraient obtenir des crédits pour les VZE vendus et pouvoir les utiliser pour atteindre leurs cibles de ventes de VZE de la même année, les échanger avec d’autres constructeurs automobiles ou les mettre en réserve pour les années à venir.

– Véhicules admissibles aux crédits :

– Les véhicules électriques à batterie et les véhicules à pile à hydrogène seraient admissibles à un crédit complet.

– Certains véhicules hybrides rechargeables recevraient un crédit partiel en tant que véhicules de transition pour les Canadiens qui ne sont pas encore prêts ou capables de passer au tout électrique, mais la politique éliminerait progressivement la vente de ces véhicules au fil du temps, car ils ne sont pas techniquement ” zéro émission “.

– Les VE d’occasion et les véhicules hybrides conventionnels ne seraient pas admissibles au crédit.

– Des crédits partiels bonifiés devraient être récompensés aux constructeurs automobiles qui augmentent les ventes de VZE dans les communautés nordiques et éloignées.

– De fortes pénalités financières devraient s’appliquer si les constructeurs automobiles ne se conforment pas.

– La norme VZE devrait être conçue de manière à augmenter l’offre de VZE dans chaque région du pays et à assurer une répartition plus équitable de l’inventaire de VZE entre les provinces.

FAITS MARQUANTS

– En 2020, les transports représentaient 24 % des émissions de gaz à effet de serre du Canada – la deuxième plus grande source après le pétrole et le gaz, à 26 %. Les émissions des véhicules de passagers représentent près de la moitié des émissions du transport.

– Une majorité (55 %) de concessionnaires n’ont pas un seul VZE en stock. En dehors de la Colombie-Britannique, du Québec et de l’Ontario, ce pourcentage passe à 82 % des concessionnaires.

– Les temps d’attente sont également élevés, 64 % des concessionnaires canadiens interrogés faisant état de temps d’attente de 3 à 6 mois (ou plus) en décembre 2021. Les temps d’attente ont considérablement augmenté en 2022 puisqu’ils vont désormais de six mois à trois ans dans la majorité des cas.

– La Colombie-Britannique et le Québec ont déjà mis en place des normes VZE, et leurs politiques fonctionnent : les deux abritaient 70 % de l’inventaire de VZE du Canada en février 2021, avec seulement 36 % de la population. Selon Statistique Canada, la Colombie-Britannique et le Québec ont également vu les voitures électriques représenter respectivement 15,5 % et 12,7 % des ventes de voitures neuves au premier trimestre de 2022, contre seulement 5,3 % en Ontario. Le Nouveau-Brunswick, qui offre pourtant un rabais plus élevé que la Colombie-Britannique, a vu ses ventes n’atteindre que 2,3 %.

– Plusieurs des plus grands marchés automobiles du monde ont adopté ou adopteront bientôt une norme VZE. En plus de la Colombie-Britannique et du Québec, la Californie plus 15 autres États (représentant près de 40 % du marché automobile américain), la Chine et la Corée du Sud ont des normes VZE. Le Royaume-Uni est en train d’élaborer le sien également. Pendant ce temps, l’Union Européenne a des normes d’émissions d’échappement si strictes qu’elles obligent effectivement les constructeurs automobiles à vendre plus de VZE pour s’y conformer et a réglementé une interdiction de la vente de véhicules à moteur à combustion interne d’ici 2035.

– Les États américains ayant une norme VZE ont plus du double de la part de marché des VZE par rapport aux États n’ayant pas mis en place cette politique.

– En 2021, les ventes mondiales de voitures électriques représentaient 9 % du marché automobile total, selon l’Agence internationale de l’énergie. La part de marché des VZE de la Chine est passée à 16 % et celle de l’Europe à 17 %, certains pays européens dépassant largement ce pourcentage. Pendant ce temps, la part de marché des VZE au Canada était de 5,5 %.

SOURCES

Rapport | Le vrai coût – en anglais

Blog | Cinq éléments indispensables pour une norme efficace sur les véhicules à émission zéroen anglais

StatCan | Immatriculations de véhicules automobiles neufs : Outil de visualisation des données trimestrielles

Op-ed | Que peut faire le gouvernement fédéral pour soutenir l’industrie émergente des véhicules électriques ? (Hill Times)en anglais

Sondage | Près de 80 % des Canadiens sont prêts à posséder un véhicule électriqueen anglais

Ontario : L’Ontario donne un coup de main à la production de véhicules électriques : https://news.ontario.ca/fr/release/19194/lontario-donne-un-coup-de-main-a-la-production-de-vehicules-electriques